l’évangile selon la poésie

Loin de moi de faire du prosélytisme (pour quelle obédience , quelle chapelle , quelle église , quel mouvement ???), cependant je partage ma foi anachronique, prodigant la lumière du bonheur qui m’habite à connaître le christ.

Je ne veux pas donner de la religion, des rites , des dogmes , des obligations, du fanatisme . Je touche quotidiennement une présence d’amour, cela me permet de redonner ce que j’ai reçu .

C’est ma radioactivité contagieuse .

camisoles-couverture1

collage de 2002

Mots d’évangile

J’égrène mes phrases

Vastes ou minuscules

Effervescentes capsules

Et je les lance au cœur d’en face

Petits serpentins d’argent

Gentils chiens de chasse.

Aimer se conjugue à tous les temps

Dans les mots ou les silences

Sur tous les tons, tous les accords

Toutes les semences

Un peu , beaucoup mais ardemment .

J’aime aimer comme moi-même

Et j’attends que les murs se cassent.

Une âme qui éclot

C’est ma réponse et mon cadeau,

Dans les jours qui passent

L’amour et l’eau fraîche

Jamais ne me lassent

Et à leur pure lumière je me sèche.

Vrai bonheur de croire qu’un mot

Lien fugace

Tendre carapace

Surprendra l’acteur qui joue son drame

Qui essaie ses masques.
Volent mes prières

A travers les airs

Pour le voir renaitre

Colombe au lieu de corbeau

A mes mots d’évangile

Jugés souvent imbéciles

Ou odieux comme des fers.
Joie au lieu de fardeau.

Sourire au lieu de grimace

Quand je tente la réanimation

Avec le souffle de dieu dans mes tuyaux.

Michèle Rosenzweig- le tutoiement divin.

Publicités

Envie de ciel

envie de ciel

 

« Envie de ciel » -pastel aquarellable-2001

extrait de « camisoles de l’espoir  » voici une chanson que j’ai mise en musique et que je chante à l’occasion, en public :

 

NUAGES

Je regarde les nuages

ils n’apportent pas la pluie.

Pour mon âme d’enfant sage

ils sont tout ouatés de gris.

Ils entraînent dans leur sillage

un peu de mélancolie

ils ne pleurent pas c’est dommage

ils me laissent toute attendrie.

 

 

Où allez-vous les nuages ?

Dites moi dans quel pays…

Ici bas j’ai fait naufrage

j’ai perdu le goût du bruit.

La prison de mon image

a tourné au vert de gris.

Tous les barreaux de ma cage

dans le ciel se sont enfuis.

 

 

Bon vent ! Bon vent ! les nuages !

Oubliez nos parapluies

Filez doux ! soyez volages !

Ne cédez pas à nos envies.

Si vous claquez en orages

nous nous mettrons à l’abri,

si nous avons du courage

nous mouillerons nos habits …

 

 

Jolis, jolis, jolis nuages

petites gouttes de pluie

vous invitez au voyage

les yeux du poète ébahi.

Par la fenêtre il voit des plages

des oiseaux de paradis.

Sa plume au vent n’a pas d’âge

c’est en vous suivant  qu’il écrit …

 

C’est en vous suivant qu’il écrit !

Aigle, moineau

Dessins_de_petits_oiseaux_-_oiseau-moineau-femelle1aigle

images d’illustrateurs inconnus

extrait d’une série de poèmes bilingues récents, voici :

Aigle ,  moineau

 

 

Entrez , entrez dans ma chambre petite

De rêves inachevés et de désirs

De meilleurs vœux et de souhaits perdus pour l’or et l’argent .

Je brûle encore pour mon amour fumée

sur ses cendres chaudes qui chaque jour perdurent.

 

Ma gloire est un serpent , rampant et glissant

Et je reçois peu des gens, combien assoiffés et changeants .

Je dois continuer , chercher mon chemin parmi la foule

Pour un énorme espoir retrouver .

Et pourtant je vis et je suis fière

Et pourtant je suis le moindre nuage.

Mon temps est au beau

Et mes ailes sont larges et déployées

Je suis aigle , je suis moineau,

Si seule je plane dans la vastitude

pourtant

je mendie mes miettes à chaque pied .

 

michèle rosenzweig- la sexagénaire envolée

Eagle, sparrow

 

Enter, enter my small room

Of unachieved dreams and desires

Of best and lost wishes for gold and silver

I still burn for my smoke love

Upon his each day lasting hot ashes .

My fame is like a snake , creeping and slippery

And I get little from people, how changing and thirsty .

I have to go on searching my way between the crowd

For an enormous hope to refind

And yet I live and I am proud

And yet I follow the least cloud.
My weather is fine

And my wings are spread wide.
I am eagle , I am sparrow

I hover so lonely in the open

yet I beg my crumbs at the feet.

instant d’attentat

instant d'attentat instant-d-attentat.jpg

PRINTEMPS DES
POETES 

thème / l’insurrection
poétique

voilà mon mot à dire en un cru 2015

Instant
d’attentat

Crotouille, gribouille

Mes mots ont une âme secrète

Ils ne sont pas pestilentiels

Ils exhalent pourtant je les défèque.

Serait-ce un charabia d’Oulipo

Qui les rendent insurrectionnels ?

Vitesses, progrès, sciences illusoires,

Guerres et nouvelles de guerres

Où l’on ne sait plus qui croire,

Criantes misères, modes éphémères, , et marchands de
canons,

Les hommes ne savent plus qui ils sont

Mais  ils usent de pouvoir,

Du messire  poète ils font peu de cas.

Marginal dans son mouroir.

Mais le soleil jamais ne s’assassine , il
prodigue

et si chaque soir il décline, jamais ne se
fatigue 

Libraires qui ne me vendez pas

Éditeurs qui ne me publiez pas

Vous ne tairez pas ma voix d’or et de
brocante

Je revendique cet instant d’attentat,

Je clame mes vers dans des spectacles
interdits

Sur les petites, toutes petites scènes des
paradis

Non,  vous ne tairez pas mes sept vies de
chat

Ma vie est éternelle, en elle je rebondis

Mon chant jamais ne se muselle avec du vert de
gris

Il me faut la nuit froide et le thé chaud

Pour que se réveille ma famine

La reconnaissance miroite son inaccessible
vitrine.

Mots sucrés à ma bouche, miellée des
arpèges,

Je vous revêts dans ma promenade d’ici
bas

Comme une alliance d’arc en ciel

Dans un pays de neige

Et peu importe si ma voix porte ou pas

Je passerai la porte sans fracas

Dans ton cœur, poésie, entends-tu mon branle
bas ?

Avec mon panache je
salue

Mort quotidienne la bravoure qui te tue.

MIchèle Rosenzweig -2015- la sexagénaire envolée

sourire de veuve

sourire de veuve sourire-de-veuve.jpgSourire de
veuve

Le temps s‘étire comme un vieux chat

Sur mon attente patiente et obstinée

De rhumatisme amoureux.

Je sais qu’un jour nous serons rois couronnés

Et que de nos misères

Il ne restera que des pétales fanés.

Je sais qu’un jour  il fera très beau temps

Sur nos champs de fleurs et d’épis

Et que nous chanterons ensemble

La joie délicate de nos cœurs retrouvés.

Les merles siffleront, les tourterelles roucouleront

Et dans ce concert de l’aube de nos sens

Nous nous effeuillerons lentement

Comme pour nous dire merci  l’un de l’autre

D’avoir osé  nos deuils souriants.

Tu es près de moi, déjà

Toi mon cher disparu

Dans mon ciel d’azur

Plein  de bleu à craquer

tant mon cœur ne renoncera jamais

d’être à toi seul.

A toi seulement.

Michèle Rosenzweig- les vides,
les pleins et les déliés -2014

train train

train train train-train.jpgillustration de michèle rosenzweig pour l' »atelier de
l’artisane »2009

Train
train

Petite musique de mon tiroir. Je l’ouvre une fois par jour
pour remplir mon journal. Dedans un grand cahier bleu, pour noter
ce qui fit ma journée, pensées, rencontres, faits et non faits,
dits et non dits. Puis le cahier se referme, et le tiroir se
referme. Jusqu’à la prochaine ouverture. Demain. Rendez vous
chaque jour avec moi-même. Le temps qu’il fait au baromètre
de mon cœur. L’altimètre des hauteurs et des
profondeurs. L’horloge fidèle des petites joies, petits
soucis. Quelquefois un grand noir, ou un grand blanc dans les noirs
sur blanc de mon écriture, un évènement notoire, un bouleversement.
Mais si rares. J’avance à petits pas vers un je ne sais quoi.
Quelquefois je consigne un repas. Peut être un sursaut de goût ou
de dégoût. Tous les jours je consigne un espoir. Pour voir
s’il se réalisera.. C’est comme le jour qui se lève et
la nuit qui tombe, c’est fidèle, çà a la vie dure, un
espoir.

Dès fois la vie m’exauce. Alors je crois en dieu qui pense
un peu à moi. Dès fois j’attends encore, çà fait un espoir à
consigner, un espoir qui désespère ou qui croit envers et contre
tout, çà dépend. C’est comme une marée qui monte et qui
descend tous les jours, en fonction de la lune. Avec des horaires,
jamais les mêmes, mais qui prennent la peine d’un calendrier.
Tiroir de mes amours. Toujours impossibles ou déçus. Qui
s’accommodent pas avec le jour le jour. Qui veulent pas de la
lumière. C’est pour çà qu’ils sont dans le journal,
dans le tiroir. Que des ratés d’amour. Ou des espoirs. Des
petites écorchures de rien. Des espoirs qui aiment les larmes. Qui
pourrissent d’eux-mêmes. Des fantasmes d’amour, quoi.
Qui tricotent avec la réalité. Qui aiment la solitude du journal,
au lieu d’une souffrance de mauvais amour, mal digéré. Plutôt
l’attente que le va vite et le mal donné. J’ose pas
rêver grand. J’ose pas demander. Je consigne. Je
consigne.  A la consigne de mon tiroir. A mon tiroir de
consigne. Il pleut il vente il y a du soleil sur mon espoir. Cà
fait des petites feuilles vertes, minuscules et fragiles. A demain,
cahier bleu. Je ferme le tiroir. Petite musique de mon tiroir. Le
bois qui glisse contre le bois. La vie qui rabote la vie, la vie
qui se frotte à moi

michèle rosenzweig.L’atelier de l’artisane
-2009