interview 1

interview interview.jpgRencontre avec
Michèle Rosenzweig,
auteure de «  Ces gens ordinaires »

D’où vous vient votre passion pour
l’écriture ?

Elle me vient de ma mère institutrice et de son amour pour
la langue française choisie,  de la lecture aussi qui
m’a fait aimer les mots. En 6ème déjà mon prof de français
avait commenté ma rédaction en notant « sur les traces de Mme
de Sévigné « ! A 15 ans mes premiers poèmes ont été une façon
de soulager un grand chagrin d’amour .Depuis toute petite
donc l’écriture fait partie de moi. Etant de nature secrète,
au même titre que la peinture et le dessin elle a toujours été une
façon pour moi d’exprimer mes sentiments les plus
enfouis.

Présentez-nous votre ouvrage en quelques
mots ?

 

Ces gens ordinaires sont des histoires courtes de gens
qu’on rencontre tous les jours  Elles racontent avec
humour et tendresse leurs beautés, leurs travers, leur pathétique,
leur drôlerie. La deuxième partie du livre raconte des gens en
quête de divin

Pourquoi avoir écrit ce livre ?

Parce que j’aime les gens. J’aime les
regarder, les écouter. Il me semble qu’en tant que créatures
de dieu ils ont une part de divin qu’ils doivent mettre à
jour. C’est leur tâche, c’est notre tâche,  la
plus essentielle et la plus sublime.

Quelles sont les principales qualités de votre livre
?

Ce sont des histoires, des nouvelles. Tout est raconté en
peu de mots l’écriture est concise  et alerte. Ce livre
permet d’ouvrir et fermer la page à son gré après chaque
histoire. Le style sort des sentiers battus de la nouvelle. Ici pas
de fin sensationnelle plutôt une invitation à sourire ou à
réfléchir ….Les photographies de Vincent Pandellé sont
vraiment magnifiques c’est un artiste
talentueux.

Quel message avez-vous voulu transmettre à travers votre
ouvrage ?

Comme je l’ai déjà dit : que dieu est à trouver
en chacun d’entre nous selon notre propre cheminement.
J’ai voulu voir les gens dont je parle comme dieu les
voit : avec amour, humour et compassion

Où puisez-vous votre inspiration ?

Dans la vie quotidienne.Tous ces gens je les ai côtoyés,
tout en malmenant un peu leur réalité   ils sont dignes
d’être des personnages de roman.
Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir
?

J’ai deux ouvrages de poésie en attente
d’édition et d’illustrateur.  Et j’ai
commencé un autre livre de nouvelles. C’est dans ces deux
genres que je me sens le plus à l’aise. L’écriture
longue du roman me fait souffrir, et je préfère  trouver de la
joie à écrire.

Un dernier mot pour les lecteurs ?

Trouvez votre beauté propre. Ces quelques exemples vous
feront vous aimer vous mêmes, rire de vous-mêmes .Cherchez la part
de divin en vous. Bref aimez vous tels que vous êtes, et tels que
vous vous rêvez d’être.

 

edilivre  et michèle rosenzweig- juillet
2014

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L’appel du large

L'appel du large L-appel-du-large.jpgL’appel du large –
acrylique sur papier-2007

 

poème :
L’appel du large

 

 

Terres inconnues de mon imagination

Terres reconnues,

jetant l’ancre au fond de la mémoire
humaine

espaces vides et pleins

grouillants et déserts

votre rumeur profonde sue par mes pores

en un long frisson

à la diable propagé.

Rougeoiement tropical

Monde baluchon

libres , libres d’aller

Calendrier des jours, effeuillement des
nuits

au fil des jours au fil des bazars

aux creux des nuits aux creux des hasards

Saisir au vol , explorer,

Les ruelles blanches, fruits chamarrés


déserts pierreux


tentes noires


manteaux bigarrés.

Oeil mauve, labyrinthe hypnotique

Chevaux lourds

Musc, santal, arômes envoûtants

Mendiants, vermine et temples
dorés…..

La mer chuinte à mon oreille.

Les vagues éclatent comme des fruits mûrs.

Même eau, même écume

pour tous les peuples déracinés.

Même sable , même gravier

pour un seul homme à la terre enchevêtré.

Il lui faut sortir du socle

la statue de bronze peut marcher

et ses yeux nacrés avalent les différences

qui font de tous les coeurs de pierre

des ailes qui s’élancent.

Frères , amis,

Enfants safran

Enfants cannelle enfants piment

Enfants ciment

Peaux laiteuses

Peaux café

Montagnes fleurs forêts et mers

nous bercent en leur sein

lorsqu’il nous faut muer

tous enfants de la même terre.

MIchèle
rosenzweig-« Le pain et la faim »-1990

moun païs: bruniquel et Matin d’été

t ete.jpg

la maison au cyprès -bruniquel-pastel aquarellable

 

Matin d’été

Lent scintillement de criquets, de grillons et de cigales

Dans l’air bleu.

Sur quelque herbe sèche

Se balance l’insecte nerveux

Au milieu des prés drus et des chemins pentus.

Jaunes éclaboussures de soleil

Qui planent, suspendues et subtiles

Comme des oiseaux de proie presque immobiles.

L’horizon soulève des forêts,

Au loin la plaine et ses regrets…

Sur le coteau qui tressaille au vent,

La méridienne pesanteur

Fait croire au ralenti du temps.

Mais il y a des vies d’hommes

Sur cette terre franche

Qui vaquent comme des abeilles et bourdonnent

Entre les murets de pierres sèches

Et les clôtures qui segmentent les nudités éparses

Et les labeurs comparses.

Des volets bruns ouverts

sur une cuisine d’ail et de thym

et dehors sous le tilleul bienfaisant

la table se dresse pour partager le pain.

Bientôt le calme silence fera place

aux voix des hommes qui trinquent

A celles des femmes qui rient

Et tout l’or du monde ne vaudra plus rien

Autour d’un verre de vin et d’un savoureux rôti.

C’est dans l’été plein

Que se gorgent nos âmes d’eau lumineuse et vitale

C’est dans l’été plein

d’éclats de joie et de soleil

Que la vie soudain

Parait à son comble et éternelle.

Mûr comme l’épi, léger comme le papillon,

L’amour remplit tout,

Les monts et les vallons,

Le ciel et les champs,

Les cœurs et les corps,

Les doutes et les peurs,

Les vides et les creux

de nos passagères existences,

avec une frugale et belle acceptance.

Et dans le rire des senteurs d ’herbes et de
fruits,

La joie dit à l’été son grand merci

Et soupire d’aise et de connivences

Autour de la table qui réunit

Tous les bruits et tous les silences.

Michèle Rosenzweig- Cocagnes