mes fleurs : les asters

mes fleurs : les asters mes-fleurs-les-asters.jpgavant la saison des chrysanthèmes voilà que fleurissent les
asters prodigues et rustiques , d’une belle floraison violette .
ils réapparaissent début octobre pour commémorer la mort de mon
fils, à qui je les dédicace dans mes pensées. la tristesse fait
place à la joie , car par delà la mort , certains morts sont
toujours vivants , et parlent par les fleurs ……

L’hiver des
abeilles 

extrait de déclinaison de femmes – éditions edifree.com
-2011

Elle aurait pu dire :

Le silence, vois tu, c’est la première et ultime musique.
Je n’ai jamais encore saisi d’instant de total silence.
Je crois que seule la mort sera peut être le silence dans sa
perfection.

J’aurais dit :

Il y a tant de sortes de silences. Insupportables, délicieux,
complices, révélateurs de ce que l’on cache, de ce que
l’on exhibe, des silences en solitaire et des silences de
solitude, des silences privilèges et des silences honteux, de bien
être comme de torture. Nous appelons seulement silence quand nous
nous arrêtons de gesticuler.

Elle disait :

La musique, c’est l’échappement, la peur du vide, la
trépidation. Même la musique n’est ponctuée que de silences.
La plus petite réduction du rythme n’est pas le son,
l’unité de mesure est le silence. La musique canalise le
bruit, elle éteint les rumeurs parasites. La musique est au silence
ce que le coït est à la caresse.

Je disais :

Je ne crois pas en dieu, mais j‘aime certaines églises, à
cause de la lumière qui se joue dans les vitraux, à cause du
silence respecté. Ce que je savoure en haut d’un col après la
marche, c’est encore le silence battu par mon essoufflement,
celui de la beauté vue d’en haut et là, il me semble que je
peux croire en l’idée de dieu.

Elle dit :

Le silence des dieux c’est le néant. Il n’ y a pas
de néant, il n’y a que des plénitudes inachevées, des vides
en action. Le vrai silence humain, c’est quand il n’y a
plus à se débattre, le vrai silence est dans le regard humain. Je
dis humain, mais je le lis dans les yeux de mon chat.
J’aimerais être immobile. Silencieuse et immobile. Et
consciente que je le suis, dans mon corps et  ma pensée. Mais
l’immobilisme ne se peut pas. Il se capte si difficilement.
C’est pourquoi je le peins. La lumière est un bolide de
particules en mouvement. Les hommes s‘y reconnaissent, ils
craignent la nuit qu’ils veulent peuplée, qu’ils
croient immobile. Les hommes sont des enfants, il leur faut la
présence, il leur faut le présent sans cesse recommencé. La
vieillesse c’est la dynamique de l’attente, ce
n’est pas une infirmité, c’est une transition. La mort
n’est pas immobile. Les corps, même momifiés, même congelés,
ne sont qu’en attente d’un remodèlement. Il survient
tôt ou tard. Quant à l’âme, s’il est vrai qu’elle
a droit à une spécificité hors du corps, elle navigue encore soit
dans l’éther des dieux, soit dans la poussière de nos
cellules, soit dans la mémoire de ceux qui nous survivent.

(…)

Michèle rosenzweig

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