fleurs de la Toussaint

fleurs de la Toussaint fleurs-de-la-Toussaint.jpgchrysanthèmes , pensées , cosmos , les fleurs de la
Toussaint

technique : aquarelle

je ne fête pas les morts ni les saints mais j’aime à voir cette
profusion de fleurs chez les commerçants et dans les cimetières qui
prennent vie l’espace de quelques semaines , le temps que le gel
ait raison des dernières corolles .

je pense à mes morts quand c’est leur saison, quand le souvenir
se fait présent , quand l’envie de pleurer me reprend, quand le
deuil se fait en douceur dans les fleurs  qui les ont
accompagnés , dans une promenade près de leurs lieux, dans une
bonne bouteille ouverte en solitaire en leur honneur .

novembre se plait dans la nostalgie …..

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joies d’automne: aller aux champignons

joies d'automne: aller aux champignons joies-d-automne-aller-aux-champignons.jpg

Aller aux champignons

On avait passé la matinée dans les bois. Crottés, trempés,
sentant l’humus et l’arbre,  le retour fut
triomphant. Restait la cueillette à éplucher. Tendres, rondelets,
moelleux, plissés, à croquer tout crus,  les champignons.
Cèpes ou girolles ? Rosés ou  pieds de mouton ? Cela
finirait en omelette pour toute la maisonnée. Ensuite, on
congèlerait. A ce qu’on dit ce n’est pas toujours une
hérésie, même pour les purs et durs qui gardent jalousement leurs
coins  et pour qui la saison, c’est la saison.

Michèle rosenzweig -l’atelier de l’artisane – proses
poétiques -2009 editions edilivre.com

joies d’automne : coloquintes

joies d'automne : coloquintes joies-d-automne-coloquintes.jpgdialogue imaginaire et
toxique entre deux fruits d’automne

 

Générations de femmes

Cri d’une coloquinte orange :

Oh! Mon nez en trompette et mon acné juvénile !

Toujours la même chose, l’adolescence … Et l’appareil
dentaire pour couronner le tout !

Ayez pitié de mes 13 ans, vous qui êtes femme avec vos formes.
Moi, je ne suis que ronde et orange, comme si le soleil m’avait
trop cuite, comme si je ne pouvais avoir de taille, ni de guêpe, ni
de poire…

Coloquinte jaune :

Ma chère, je pince le nez, je suis fière de mon teint, de ma
silhouette tout à fait femme.

Regardez-moi, vous serez un jour pareille …

(Sur un ton de confidence) Ne t’en fais pas, jeune fille, tu
seras belle et blonde…. Un jour d’éclosion…

Michèle rosenzweig-l’atelier de l’artisane -proses poétiques
-2009-editions edilivre.com

Joies d’automne : physalis alkékenge

 

joies d'automne : physalis alkkenge joies-d-automne-physalis-alkekenge.jpg

nom bizarre, et plante de saison,
lanterne d’halloween !!!

 

Physalis
alkékenge

Lanterne orange au bout d’une fine queue, petit lampion
oblong et pointu. Nervuré dans le sens de la longueur. Nervures
saillantes, au nombre de cinq principalement. Léger cartonnage où
apparaît une dentelle de sous-nervures comme des déchirures de
toile, de la toile de drap élimée. Si l’on déchire le son est
croustillant, craquant. Plus craquant à contre-fil, lorsque
l’on rompt l’emballage dans le sens de la largeur. Si
l’on opère de bas  en haut, chirurgicalement, la
césarienne est facile et l’on découvre accroché au pédoncule,
une graine ronde et luisante, orange, elle aussi, une bille, un
ovule, un oeuf. Un peu collante aux doigts, elle résiste pourtant à
la dissection et finit par éclater sous la pression de
l’ongle-scalpel dans un son mat et juteux. Des graines dans
la graine, petits pépins blancs, ronds et plats et une chair
toujours plus orange et plus pulpeuse, un rien filandreuse.
Comestible, mais au goût amer. La tige principale sur laquelle
pendent les physalis, distantes les unes des autres de 15 cm, est
ligneuse et résistante. Elle forme des angles secs. A chaque angle,
une lanterne pendante, à chaque lanterne un fruit intérieur. Et
ainsi de suite dans un air de guirlande. C’était
l’anatomie d’un amour-en-cage. Je l’ai
libéré.

Michèle rosenzweig-l’atelier de l’artisane -proses poétiques
-2009 editions edilivre.com