concerto jaune

concerto jaune concerto-jaune.jpgacrylique sur papier toilé :
« panache »

Concerto jaune   

 « Le jaune est la clarté suprême
de l’amour » (Vincent Van Gogh à Emile Bernard)

 

 

Couleur : jaune.

Abstraction de lumière, de soleil par petites touches sur le
blanc des murs, dans le vert des feuillages, dans la paille
et les bottes de foin. Elle projette sa gaieté dans
l’ondulation des blés mûrs, des colzas sous les ciels chargés
de pluie.

Elle explose dans les tournesols en gros pétales bouffis.

Elle est prémices de printemps dans les jonquilles et les
forsythias, gracile et dodue, méridionale.

Elle est drue, elle est crue, elle est acide dans un citron,
elle est mûre dans un citronnier, elle est gironde comme une femme
pleine.

Elle est pomme reinette et feuillage de peuplier qui bruisse à
l’automne.

Elle est flamme dans la cheminée.

Elle est huile, elle est impressionniste, elle est vie. Elle est
rire, elle est joie, libre et coquine, ironique et acerbe,
malicieuse.

Elle  pétille des airs de limonade, elle fredonne des
refrains de pissenlits, elle glisse sur des peaux de banane. Elle
me comble, piquante et sereine, fondante et croquante. Elle pleut
sur les vitres d’été, sous les parasols pastis. Elle se
pourlèche, égayant les pastels moroses. Elle est le centre de
l’arc en ciel.

Elle est en somme mon envie, mon besoin, ma tentative de
bonheurs.

je suis son chantre et son peintre.

Citronnade. Doux amer est mon acte d’écrire mais hymne
jaune.

Mon grand et gros corps danse son jaune ardent de solitude
pleine. C’est une danse orientale de sable du désert, de
rizière et de mousson à la peau ambrée, une banderole lascive dans
le vent sur des jambes lourdes.

C’est une mayonnaise qui se monte sur ma langue, un jaune
d’œuf qu’on incorpore dans la farine de ma
pâtisserie, c’est un cumin, c’est un safran c’est
une joie de vivre qui se fait goûter derrière les apparences
bleuâtres.

C’est mon plexus solaire qui irradie sa sérénité de moine.
Je danse pour moi seule une louange jaune qui rejoint le soleil en
des rayons de cheveux et de cils, de doigts et de ventre. Aubaine
de mendiante. Extase de la vie plus forte en moi que la mort.

Michèle Rosenzweig- « j’en parle à mon chat » –
proses

Publicités

les leçons de choses et la création d’adam

la cration d'adam la-creation-d-adam.jpg

Le doigt de la chapelle Sixtine

Ni plafond, ni chapelle Sixtine,

Ni Michel-Ange,

Ni vieillard à barbe blanche

Ni le péché d’Adam

Juste toi et moi

Et sur une croix, du sang …

Dieu demanda :

Prendras-tu ma main ?

Et je répondis :

C’est si gentiment demandé ….

Deux doigts se réconcilièrent

Après tant d’années.

« Approchez vous de Dieu et il s’approchera de
vous….»
Jacques 4 v 8

 

Michèle Rosenzweig- lesleçons de choses -2007

les leçons de choses et la jeune fille à la fenêtre

la jeune fille  la fentre la-jeune-fille-a-la-fenetre.jpgquelques toiles pour moi ont compté comme cette jeune fille à la
fenêtre de Savador Dali, comme la laitière de Vermeer dans
l’article précédent , comme dieu et adam de Michel ange dans
l’article suivant elles m’ont inspiré ces trois poèmes des « leçons
de choses  »

La jeune fille à la fenêtre

 

 

 

 

Regarder la mer et passer les bateaux.

Contempler l’infini du ciel et les vagues une à une.

Ecouter le vent dans les voiles et le clapotis de
l’eau.

Chauffer son âme au soleil par la  fenêtre ouverte.

C’est regarder l’œuvre d’un artiste
divin

C’est voir passer sa vie

C’est prendre le temps du silence

Du recul et du recueillement.

Regarder à la fenêtre

C’est laisser la pensée libre et vagabonde

Et laisser le temps s’écouler.

C’est laisser s’agiter le monde

C’est plonger dans le regard de Dieu

Avec un émoi enfantin.

C’est redevenir la jeune fille

Et cependant en maturité grandir

Dans la contemplation

L’adoration

L’éblouissement

L’apaisement

C’est accepter de vieillir.

Jeune fille ou aïeule

C’est parler à Dieu seule à seul.

« Que ton nom est magnifique sur toute la
terre !
Quand je contemple les cieux, ouvrage de tes
mains,… qu’est ce que l’homme pour que tu te
souviennes de lui ? » 
Psaume 8 v
2,4,5

 

Michèle Rosenzweig-les leçons de choses -2007

Les leçons de choses et la laitière flamande

la laitire flamande la-laitiere-flamande.jpg

Le tableau de Vermeer

La lumière est mordorée

Les drapés sont lourds

Il règne un clair-obscur sur les gestes.

La laitière trouve sa sérénité

Dans son tablier retroussé.

Dans la cuisine, il fait silence

Le pain est cuit,

Les pots et les paniers se remplissent de frugale abondance.

Le lait qu’on verse avec élégance

D’une belle cruche rebondie

Où les mains s’arrondissent,

Le lait est tout frais.

Et la belle laitière flamande

Dans les gestes simples de sa vie

A le visage illuminé de douceur.

C’est un matin comme les autres

Que Dieu a béni.

Faire avec amour ce qu’elle fait

La rend tout simplement jolie.

 Michèle Rosenzweig-les
leçons de choses -2007

L’atelier de l’artisane : lettre à mon jardin

lettre  mon jardin lettre-a-mon-jardin.jpg

Lettre à mon
jardin

Cher jardin,

Tu sens vert, tu sens eau et je
t’aime.

Tu plantes dans l’âme tes élans, tes cachettes,
tes vastes splendeurs secrètes. Tu irises, tu fanes, tu végètes, tu
me reflètes. Je cherche dans tes pistils mes silences bavards, mes
abeilles butineuses, mes miels avares.

Jardin de famille plein de rires et de disputes, de
bavardages et de siestes , tu me déniches, tu t’éprends de
mes paresses, et tes sèves, tes terres, tes feuilles, tes pluies
m’aspergent et me flattent.

Aimée, l’entente au creux des herbes,
l’entente des pieds nus et  des mains qui
s’attardent sur les tiges frêles, sur les tapis lumineux du
matin. Je t’aime glacé et venteux, je t’aime calme et
luxuriant, mais vrai et sincère dans le temps qu’il
fait.

Tu es sirène sur la mer, appelle la tendre éphémère, la
jaune marguerite, l’araignée velue et la mésange
bleue.

Je retiens haleine de tes beautés, quand la fenêtre
s’écarte et les rideaux se tirent. Je t’aime, jardin,
et je t’attends dans tes frasques.

Ta bien-aimée

 

extrait de l »atelier de l’artisane  »
2009

michèle rosenzweig

l’arbre qui saigne

l'arbre qui saigne l-arbre-qui-saigne.jpg

la douleur nous dépouille de notre ego , de nos passions vaines. elle nourrit l’arbre en nous et devient le sang qui circule comme
une sève .elle nous émonde .nous en sortons purifiés …… et
prêts pour un nouveau bonheur …..

laisser tomber nos souffrances comme des feuilles mortes et en
faire  de l’humus

acrylique sur toile