un conte savoyard d’aujourd’hui

 

Le tailleur sur bois

Saint Véran est le village le plus haut des Alpes , il est entouré d’alpages et constitué de chalets en bois. Mais outre sa spécialité de Reblochon fermier, il abrite aussi une spécialité de jouets en bois.
Albert avait été longtemps le vieil artisan du village. Je vous parle du temps révolu des derniers maréchaux-ferrants .
Outre quelques personnages taillés, bergers, fermiers, bûcherons , ramoneurs, ânes, vaches et moutons qui remplissaient des crèches de Noël ou des fermes miniatures, il fabriquait des toupies , des sabots, des charrettes, des jeux de dés et des poupées articulées. Quand Albert mourut, c’était déjà la fin d’une époque et d’une renommée. Son fils était parti à la ville, le village cédait à l’exode rural .
Puis les stations de ski et le tourisme d’altitude vinrent le ragaillardir .
Jusqu’à ce que Hans, le bavarois , s’établisse à St Véran dans un chalet qu’il retapait. Il accrocha une pancarte devant sa porte : jouets en bois -Artisan. Et les vieux se rappelèrent l’ami Albert. Hans n’était certes pas un savoyard mais dans sa Bavière natale là aussi on fabriquait des jouets en bois. Il avait commencé enfant à s’exercer au couteau de poche dans les morceaux de sapin tendre , et plus tard, il était devenu apprenti du vieux Gunther, le menuisier-charpentier-tourneur sur bois.
Hans avait ses couteaux , ses gouges, son tour dans le petit atelier, anciennement l’étable de son chalet en bois, dans une des petites rues de St Véran, près de l’église.Il y fabriqua des camions et tout ce que le vieil Albert fabriquait d’après les dires et les souvenirs des aînés, qui l’avaient accepté comme un vrai savoyard natif, tant il redonnait vie au village et à la tradition locale.
C’est ainsi que la crèche avait reçu de nouveaux santons de bois, son randonneur , son alpiniste , son skieur, sa vendeuse de fromages , sa porteuse de lait , son maire à la ceinture tricolore, son marié et sa mariée, et qu’en plus de de la traditionnelle ferme avec son tracteur et ses animaux , il vendait une station de ski miniature avec ses skieurs, ses enfants sur des luges , ses randonneurs en raquettes , ses chasse-neige , ses gardiens de remonte-pentes et ses baraques à frites ainsi qu’un mini garage de petites voitures. Tout en bois.
Aussi venait-on de loin pour les fêtes de fin d’année, quand le village croulait sous la neige, ou bien l’été quand les alpages étaient bien verts et couverts de fleurs pour la randonnée pédestre, pour offrir aux enfants les jouets en bois de Hans. Et son accent allemand n’entachait en rien le côté traditionnel recherché par les touristes, cela ajoutait un léger exotisme supplémentaire à l’heure européenne. Il avait fini par se mettre au génépi, et à la raclette, avait épousé une savoyarde de Saint Gervais , ce qui le rendait tout à fait crédible. Annie la savoyarde, avait redonné une petite fraîcheur à la fabrication de Hans, en confectionnant des marionnettes , des pantins, des poupées et des puzzles qu’elle peignait à la main.
Ce fut elle qui eut l’idée de créer de tout nouveaux personnages en bois : le tailleur de morceaux de bois en l’honneur du vieil Albert et de son mari, et les deux scieurs de long qui existaient bel et bien à St Véran pour faire le bois de chauffage.
La crèche accueillait aussi un « ravi » comme en Provence, mais il était tout à fait spécial à la région , c’était un petit ramoneur savoyard tout noiraud de suie qui trinquait le verre bien haut levé.
Le ramoneur de la chanson savoyarde traditionnelle , mais le ramoneur quii trinque était devenu l’enseigne de l’artisanat de Saint Véran qui s’exportait partout dans la région Rhône-Alpes :
Hans et Annie BIDELE, tailleurs sur bois.

Vous savez ce que veut dire Bidele en patois allemand ? Ça veut dire « petit truc » et en effet Hans était bien un faiseur de « petits trucs », de « bidules » à l’époque de force machins électroniques et de choses en plastique.

Publicités

violoncelle

Violoncelle

texte de Michèle Rosenzweig sur une musique de John Featherstone

Tu orchestres mes jours
au tempo savant du temps

Dans tes mains coule l’eau
de ma musique terrestre et sacrée
Tantôt je pleure
Tantôt je ris
aux tambours grondants du Souffle de la Vie

Douce caresse du maestro
qui laisse ma voix sonner bas
chanter haut
m’épousant dans les pianissimos
et les allegros de la joie

Paix !
Paix, mon âme et bénis
les écorchures qui te solfègent
pour l’amour et pour son fruit

Cristal de mon chant
Sable de ma danse
Feu de ma prière
et me voilà
violoncelle sous l’archet
quand de ta baguette de maître
tu rythmes et u scandes
Espérance, Foi et patience
sur mon humaine louange .

 

 

 

 

le joueur de jazz2018-12-18 001

un conte sous presque presse

Fleur ou la naissance du ver luisant. illustrations de ma pomme .je vous en dirai plus quand ce sera finalisé  en attendant  un peu de musique allez sur Spotify cherchez Jimi et Arnaud, le titre du morceau c’est …. « le ver luisant « . mais n’en restez pas là c’est un vieux truc de jeunesse, découvrez « le manège solaire », la poésie de Jimi, texte et guitare   et les percus tout à fait spéciales d’Arnaud , une belle histoire d’acouphènes et d’amitié qu’ils vous raconteront peut être un jour.

en attendant voilà une autre belle histoire d’une fleur à la vanité un peu ombrageuse

 

 

la naissance du ver luisant 2 (2)

un conte de pas tout à fait noël

KODAK Digital Still CameraLe père noël tousse !

Deux petits lutins poétisaient au pied d’un arbre tout blanc de neige. Ils préparaient le discours du Père Noël.
Mais le père Noël était malade , une toux caverneuse qu’on aurait cru sortir du fond de sa poche, le clouait au lit. Heureusement le lit était douillet . Et madame Noël l’avait amoureusement parfumé de cannelle et d’anis . Cela laissait derrière elle un sillon odorant et redondant comme ses belles formes généreuses de pain d’épices. .Elle avait tout d’un matriochka polonaise, et le père Noël abreuvait amoureusement son grand coeur de baisers joufflus .
Les 7 rennes dehors pleuraient misérablement.
Le père Noêl tousse ! Se lamentaient-ils entre eu, s’il est malade qui va apporter les cadeaux à Papautou, papou de papouasie , et à Maharouna de Bambassou? Leîla aurait-elle sa jolie miniature orientale avant le dernier jour de l’année ? Le père Noël tousse ! Le père Noêl tousse ! La nouvelle se propagea sur toute la planète antarctique. Noël va-t-il pouvoir se fêter  sur la terre ? Va-t-on décevoir les enfants ? Pas de noël cette année , le père Noël tousse !

Madame Noël prépara un œuf sur le plat et un bon grog au rhum, au romarin et au miel, fit une petite prière secrète et anticonstitutionnelle au Troll Bourru qui guérit tout, et décida de sourire élégamment à l’adversité.

Les deux petits lutins frappèrent alors à la porte, entrèrent dans la grande chambre du malade, enfoui sous ses couvertures bien chaudes. Ils récitèrent leur poème jusqu’à la fin, un beau discours en vers académiques sur l’utilité des pères noëls en bonne santé . Et le père Noël rit si fort qu’il toussa et toussa et toussa, éructa , expectora et toussa encore jusqu’à ce que toute la toux s’évacue d’un seul coup. Leur air pompeux de préfet intronisant la grande séance de l’académie des maçons francs du lot et garonne avec l’accent du midi le fit rire aux larmes tant et si bien qu’il sauta sur ses pieds ragaillardi, avala son grog , enfila son habit rouge par dessus son pyjama, embrassa sa femme , harnacha ses rennes et dans le froid glacial partit en riant d’un grand rire généreux faire sa tournée de cadeaux.
Non , on n’était plus le 25 décembre. Bon, on était le 27.: deux jours de retard sur le planning. Mais on expliquerait aux enfants que le père Noël malade, il n’y avait pas eu d’intérimaire compétent . Le troll bourru marmonna de satisfaction. Un peu de patience supplémentaire apprendrait un peu plus de la vie aux petits et aux grands, et leur apprendrait aussi que s’ils savaient espérer, tout finit toujours par arriver.

En attendant les mamans avaient fait des gâteaux, acheté des bonbons, les grands pères avaient sorti les vieux jeux de cartes, les papas avaient bricolé à la hâte un cerf volant pour faire voler dans la nuit au jardin , ou un petit bateau en papier pour faire nager dans la baignoire, les mamies avaient allumé les bougies et raconté une histoire.

De retour à la maison le 28 décembre au soir, le père Noël s’alluma une bonne pipe , et toussa un peu à cause de la fumée.
Voilà du travail bien fait ! se dit-il avec satisfaction. Encore mieux que les années précédentes, un peu de changement dans la routine !
Il n’avait pas toussé pendant toute sa tournée grâce aux pastilles au miel et à l’eucalyptus que madame Noël lui avait glissé dans la poche en cas de rechute. Le père Noël aussi avait eu droit à ses bonbons, après tout …

Nouvel atelier d’écriture

l’atelier est celui des ateliers d’Athéna dirigés par florence et Jacques deux vieux amis de Montauban. première proposition : un monologue intérieur d’après une image au choix .

 

et voilà

nu bleuLe Nu Bleu -Matisse -Collage –

Le nu Bleu
Michèle Rosenzweig

« Qui es-tu collage bleu de femme ? »

« Je serais celle qui te déçoit, celle jamais parfaite, celle découpée, laminée par les ciseaux de la vie, dont les morceaux , tels un jeu de Tangram, , te racontent la joliesse des femmes, celle que tu n’as pas ou ne crois plus avoir …
Mais , d’où me vient ce mal de tête insupportable ? J’ai la migraine tout à coup, est-ce folie qui s’élabore ou prétexte à ne pas Lui faire l’amour, à ne pas te répondre, ma congénère ? D’où me vient cette pose lascive inconfortable, sans aucun accoudoir ni dossier où reposer mon déséquilibre, mon vertige , mon esquive  ?
Mes trop grosses cuisses , Ma cuisse centrale omniprésente, prépondérante, serait donc Cuisse de Jupiter ou de Vénus callipage, ou cuissopage ? Je prends décidément bien trop de place sur ce papier A4 et que dire sur la sérigraphie originale de Matisse ?
Pour Lui, je m’offre, muse entrelacée de traits blancs sur bleu, découpée à même son ongle, la déchirure savante au petit rebord froufroutant, à peine dentellisée.
Mes seins ? Deux suggestions, redondances doubles, une sphère ballonnesque couplée d’une mamelle pointante délicate et généreuse , se perdant sous l’aisselle blanche d’un bras pigmenté .
Main et pieds liés, étroitement, sous la volupté d’un geste si gracile, et relaxé de ses chaînages de lignes blanches.

Est-ce moi la Pensée ?Est-ce moi Luxe , Calme et Volupté ? Est-ce moi la recroquevillure de la folie qui nous guette à trop vouloir poser pour les peintres abstraits ?
Est-ce moi le résumé , la synthèse, l’ébauche et la Perfection du corps de la Femme Bleue ? Celle qui ose le Vêtir bleu de sa nudité sans pareille …. de la couleur de peau universelle.

23/10/18 Montauban /Albias